J’ai utilisé Craft pendant quatre ans. Evernote avant cela. Notion pendant six mois. Je n’ai pas englouti des sommes pharaoniques.
À chaque fois, le même cycle. L’enthousiasme des deux premières semaines. L’organisation méticuleuse. Les pages qui s’accumulent. Et puis, lentement, le silence. Plus rien n’est mis à jour. Les notes deviennent des archives. Les archives deviennent des cimetières.
Le problème n’est pas l’outil. Le problème, c’est que tous ces outils partagent la même hypothèse : vos notes sont une base de données. Donc elles doivent vivre dans une base de données. Donc elles sont prisonnières de l’éditeur qui les affiche.
J’ai fini par comprendre que mes notes ne sont pas des fichiers. Elles sont de la connaissance.
Ce que j’utilise maintenant
Mes notes vivent dans Obsidian. Mais l’important, ce n’est pas Obsidian. L’important, c’est que derrière, ce sont des fichiers .md sur mon disque dur. Pas un format propriétaire. Pas un export qui perd la moitié des choses. Du texte brut.
Du texte, je peux le lire avec n’importe quoi. N’importe quel éditeur. N’importe quel système d’exploitation. Dans vingt ans. Dans cinquante ans.
Cela pourrait être l’argument principal. Mais avec ces formats, je gagne simplement à mieux collaborer avec l’AI.
Les trois bénéfices concrets
Premier bénéfice : le markdown est notre langue commune. Je pense en markdown dans Obsidian. Je lis en markdown. Quand je veux partir d’un brouillon pour faire un article, je peux le faire sans rien casser : la voix, la structure, l’intention. Quand le résultat revient dans mon carnet, il est exactement là où je l’attends, dans le même format que mes autres notes. Aucune étape de conversion. Aucune perte. Aucune voix traduite par un outil tiers.
Deuxième bénéfice : je peux versionner. Mes notes sont dans un dépôt Git. Chaque modification est tracée. Je peux revenir en arrière. Je peux voir ce que je pensais il y a deux ans d’un projet.
Troisième bénéfice : je peux les sortir. Si demain Obsidian disparaît, mes notes ne disparaissent pas avec. Je prends le dossier, je l’ouvre avec un autre outil. Zéro perte. Zéro conversion. Posez-vous la question si vous pouvez le faire avec Google ou Microsoft.
Ce que ça change dans la pratique
Je prends moins de notes, mais elles sont meilleures. Parce que chaque note a un coût : si elle n’est pas utile, je ne l’écris pas. Et si elle est utile, je sais qu’elle vivra.
J’ai aussi arrêté de classer. Pas de tags compliqués, pas de dossiers à rallonge. Le titre du fichier doit suffire à me rappeler ce qu’il y a dedans. Si je ne m’en souviens pas, c’est que la note est mal écrite, ou inutile.
Et puis il y a un dernier bénéfice, plus subtil. Le fait que mes notes soient à moi, vraiment à moi, change ma relation à l’écriture. J’écris pour moi, pas pour un éditeur. Personne ne va venir les indexer pour me servir de la pub. Personne ne va les utiliser pour entraîner un modèle. C’est mon texte. Il reste mon texte.
La question à se poser
Pour chaque outil que vous utilisez pour vos notes, posez la question : “qui possède ce que j’écris ?”
Si la réponse est “l’éditeur”, réfléchissez deux fois.